dimanche 19 avril 2009

Minuit une seconde

Il est minuit une seconde mais le temps de l’écrire, il est déjà minuit deux ou minuit trois secondes. Il suffit d’une hésitation au moment de la frappe et le décalage initial s’accentue. L’écriture d’une seconde n’est pas une seconde d’écriture. Impossible de rattraper le temps réel par l’écriture du temps. Disons qu’il est minuit une seconde dans le texte. Le texte est une journée, il est construit comme une journée écrite de la première à la dernière seconde, en toute lettre. Il y a autant de chapitre ou séquence dans le texte que de seconde dans la journée. Chaque seconde est un titre de texte, chaque texte est une durée de seconde écrite. Chaque séquence du texte est une seconde d’une minute d’une heure précise. La journée finie, il sera donc possible au lecteur de consulter le texte à l’heure exacte de sa consultation. Quelle que soit l’heure, il y aura une séquence d’écriture correspondante. A la seconde près. Il y a donc dans ce texte quatre vingt six mille quatre cents secondes, groupées en mille quatre cents quarante minutes, groupées en vingt-quatre heures. L’heure, la minute, la seconde, sont de genre féminin en langue française. Il s’agit donc d’un type spécial de nombre, les nombres du temps, les nombres temporels qui, écrits en toutes lettres en français, sont féminins.
Le Féminin des nombres.