Tandis que l’on s’éloigne, tandis que l’on s’éloigne du début, un début imperceptible car très court, très proche de la fin, très rapproché du milieu et du milieu du début de la fin, ou de la fin du début de la fin, ou de la fin du début du milieu, ou du milieu de la fin du début, ou du début du milieu du début de la fin, ou du début du début du milieu de la fin du début du milieu, ou de la fin du milieu du début de la fin, ou du début de la fin du milieu de la fin du début, ou du milieu de la fin du début de la fin du milieu, ou de la fin de la fin de la fin du début du milieu de la fin, ou du début du milieu du milieu de la fin du début du milieu du début, ou du début de la fin de la fin du milieu du début du milieu de la fin de la fin du début, ou du milieu du milieu du début du milieu de la fin du milieu du début du milieu du milieu, ou du début de la fin du début du milieu de la fin du début de la fin du milieu du début de la fin du début, ou du début du début de la fin du milieu, ou du milieu du début de la fin ou du début, ou du début du début, ou du début du début du milieu du début, ou du début du début du milieu du début de la fin du début, ou du début du début du milieu du début du début du milieu de la fin du début, ou du début du début du milieu du début du milieu de la fin du début du début, ou du début de la fin du milieu du début, ou du milieu du début du début, ou du milieu du milieu, ou du début de la fin du milieu, ou du milieu du début de la fin du milieu, ou de la fin du milieu du début de la fin du milieu, ou du début de la fin du début de la fin du milieu, ou du milieu de la fin du début de la fin du milieu, ou de la fin du milieu du début de la fin du milieu, ou du début de la fin du début de la fin du milieu, ou du milieu de la fin du début de la fin du milieu, ou de la fin de la fin du début de la fin du milieu, ou du début du milieu de la fin du milieu, ou du milieu du milieu de la fin du milieu, ou de la fin du milieu de la fin du milieu, ou du début de la fin de la fin du milieu, ou du milieu de la fin de la fin du milieu, ou de la fin de la fin de la fin du milieu, ou du milieu, ou du début du début de la fin, ou du début du milieu de la fin, ou du début de la fin de la fin, ou du milieu du début de la fin, ou de fin du début de la fin, ou du milieu de la fin ou de la fin – tandis, donc, que l’on s’éloigne du début et se rapproche de la fin, on ne sait plus très bien pourquoi, quelles sont les raisons de cet éloignement et de ce rapprochement.
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vendredi 8 mai 2009
samedi 2 mai 2009
Minuit vingt cinq secondes
Puisqu’à l’origine, la division du temps en seconde est calquée sur le battement du cœur, toute irrégularité est signe de danger et de crise. L’écriture du temps étant par nécessité irrégulière, on peut voir ce texte comme une forme très spéciale de maladie. Du moins à l’échelle du cœur. Du côté du texte, c’est le battement qui apparaît nocif.
vendredi 1 mai 2009
Minuit vingt deux secondes
Qu’il faille toute une vie, peut-être, pour arriver au bout d’une seule journée d’écriture, c’est une preuve. Une preuve du temps relativement long nécessaire à l’écriture d’une portion relativement courte du temps. Mais l’unité minimale de répétition à l’échelle d’une existence étant la journée, laquelle est toujours divisée des mêmes vingt quatre heures, mille quatre cents quarante minutes, quatre vingt six mille quatre cents secondes, il aura suffi d’une seule journée pleinement écrite pour que toutes les autres le soient un peu aussi. Difficile consolation. On est bien avancé, on n’avance pas beaucoup. On avance comme on veut pourtant, une seconde courte, une autre longue, c’est une liberté après quoi il n’y a rien d’important.
Opalka.
Opalka.
A cette seconde, c’est à Roman Opalka qu’il faudrait penser. Il fallait bien choisir une seconde et la donner à celui qui, toute sa vie depuis une certaine date, a consacré son Travail au temps. Opalka, un jour de mille neuf cents soixante cinq, décide de ne plus peindre que la suite des nombres entiers naturels à partir de un. Il peint en blanc sur des toiles à fond noir auxquelles il ajoute, depuis mille neuf cents soixante dix, un pour cent de blanc. La toile s’éclaircit chaque année davantage mais les nombres restent blancs et bientôt, il y a la peinture des nombres blancs sur la toile blanche. Avant de replonger le pinceau dans le blanc, il va jusqu’à l’épuisement de la quantité de peinture sur les poils qu’il presse pour en obtenir les dernières traces. Après une inscription lisible, les nombres vont ainsi souvent vers la disparition. Au final, à la mort d'Opalka, il y aura un nombre, ou un demi, ou un quart de nombre, mais ce n’est pas important. Une mécanique est enclenchée qui transforme l’arrêt matériel en simple métaphore. Une inversion complète des codes de vie.
Il est minuit vingt deux secondes et à cette heure du texte, Opalka continue toujours de peindre.
Minuit vingt secondes
L’observatoire, la nuit. L’action commencée tout à l’heure n’a pas avancée. L’hésitation porte sur le décor intérieur de ce court passage de temps. Et sur la masse des activités à y faire. Au loin, il y a la cité balnéaire de plaisirs. Bref appel du bruit. Le temps pour s’y rendre est très court, moins d’une heure de route, peut-être quarante minutes. Deux mille quatre cents secondes écrites de trajet en voiture, un véritable voyage, un road récit. Il faudrait prévoir des étapes, des arrêts, des bifurcations peut-être, des imprévus. Des rencontres qui font déserter. Un trou noir aussi. Le temps devient compliqué dans ce cas là. Si un trou noir surgit en pleine seconde de texte, quelle allure aura celle-ci ? Allongée, étendue, suspendue jusqu’à rendre sa lecture inhumaine ? Faut prendre le risque, on ne peut pas laisser comme ça les trous noirs au bord du récit, d’autant que la plupart des routes sont accidentées, elles sont catastrophiques, les pneus y crèvent et personne ne dit rien des cimetières de pneus morts. Bref. Il faudrait se décider, prendre la voiture ou la laisser au garage, observer le ciel ou se rendre en ville. On peut bien faire les deux en vingt quatre heures.
Minuit dix neuf secondes
Le commerce du temps passé à plusieurs.
Le plaisir est dangereux aujourd’hui, il existe des secondes fatales. Une seconde d’inattention, seconde alcoolisée et hop, un instant plus loin, au réveil après une longue nuit, l’angoisse démarre, un instant très long, suspendu, consacré à la représentation de cette seconde spéciale dont on se demande si elle partage le temps une fois pour toute. Il n’y a qu’une prise de sang, au retour d’un voyage, qui peut vous donner une réponse. Avant, après. Pendant, il n’y a rien eu de maladif. Une seconde de bonne santé partagée dans un lieu, une ville, un pays, une région, faits pour ce type de commerce.
lundi 20 avril 2009
Minuit douze secondes
Il faudrait faire le descriptif de toutes les secondes du temps réel, l’une après l’autre, avec, d’abord, la sensation de répétition, chacune d’elles, dans une portion courte de temps, ressemblant à la précédente et à la suivante. Puis, peu à peu pourtant, apparaissent de brèves variations, des transitions discrètes, cachées, progressives. Bientôt, les secondes éloignées de celles initiales se distinguent si bien qu’elles apparaissent disjointes, liées seulement par l’identité de mesure du temps qui leur donne une durée semblable.
Enregistrer pour chaque seconde les évolutions météorologiques, climatiques, géographiques.
Pour réaliser une telle entreprise, s’informer d’abord des lieux ou chaque seconde est vécue. Il faudrait donc ajouter au Féminin des nombres un projet connexe, toutes les coordonnées spatiales du globe terrestre. Donc, ou bien pour chaque seconde, décliner toutes les coordonnées possibles ; ou bien, pour chaque coordonnée, décliner toutes les secondes d’une journée. Par exemple : minuit douze secondes / 2°20E, 48°52N : noir, lumière successive de réverbère parisien, fatigue implicite, etc, etc. Ajouter aussi le mois pour préciser la saison et la présence de froid, de chaud, de vent, de calme. Afin de rester un brin réaliste et modeste dans cette entreprise, renoncer à appliquer le principe à toutes les coordonnées de l’Univers. Parfois, s’accorder néanmoins cette licence afin de ne pas oublier la science-fiction. Surtout, s’hydrater beaucoup avec des alcools forts.
Enregistrer pour chaque seconde les évolutions météorologiques, climatiques, géographiques.
Pour réaliser une telle entreprise, s’informer d’abord des lieux ou chaque seconde est vécue. Il faudrait donc ajouter au Féminin des nombres un projet connexe, toutes les coordonnées spatiales du globe terrestre. Donc, ou bien pour chaque seconde, décliner toutes les coordonnées possibles ; ou bien, pour chaque coordonnée, décliner toutes les secondes d’une journée. Par exemple : minuit douze secondes / 2°20E, 48°52N : noir, lumière successive de réverbère parisien, fatigue implicite, etc, etc. Ajouter aussi le mois pour préciser la saison et la présence de froid, de chaud, de vent, de calme. Afin de rester un brin réaliste et modeste dans cette entreprise, renoncer à appliquer le principe à toutes les coordonnées de l’Univers. Parfois, s’accorder néanmoins cette licence afin de ne pas oublier la science-fiction. Surtout, s’hydrater beaucoup avec des alcools forts.
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Minuit onze secondes
Une seconde d’hésitation ressemble à s’y méprendre à une seconde d’écriture. L’hésitation implique un temps plus long qu’à l’accoutumé. Il y a là un principe d’élasticité variable, exactement comme un chewing-gum dont on tire la patte. Une seconde d’action s’oppose implicitement à cette seconde lente, hésitante, où se joue souvent une perte possible, un réflexe tardif alors qu’il eut fallut agir, passer à une autre seconde. Au lieu de quoi on assiste à une suspension, une seconde démesurément allongée. C’est l’écrit comme il se comporte sur l’écran au rythme des touches : retour, corrections, effacement, ajout, copie et collage. Et la lecture suit : retour, incompréhension, éclaircissement brusque, reprise. La patte texte, dans une seconde de texte, travaillée et retravaillée, expansée ou contractée, n’est pas une hésitation mais une action. L’inverse d’une seconde analphabète.
dimanche 19 avril 2009
Minuit neuf secondes
Impossible d’écrire le temps ailleurs que dans cet espace là. Impossible de publier une seconde ailleurs qu’ici. Les dates de publications d’abord. Echelle de temps comparés : l’année, le mois, le jour puis l’heure, la minute, la seconde. Voisinage des temps, vis-à-vis, opposition, contradiction, correspondance. L’heure de publication n’est pas l’heure publiée. Parfois, elle le sera sans doute. Vertiges dans le texte et autour du texte. Nombre de secondes publiées dans un jour, un mois, un an. Extension et rétraction du temps des publications comparées au temps publié. Etc, etc, etc. Minuit neuf secondes, le dix-neuf avril deux mille neuf, à seize heures heures cinquante et une minutes, cinquante secondes, si tout va bien.
Minuit sept secondes
Chaque jour est divisé de la même façon. La seconde est l’unité de mesure la plus universellement partagée. C’est une unité métrique. Un système de versification. Partout dans le monde, on consulte des montres sans lire les heures. Il faut donc étudier chaque seconde et les classer selon son comportement : seconde brève, longue, accentuée, brisée, embrassée, enjambée, etc. Inutile de les subir, on peut provoquer la rime d’une seconde à l’autre. Le Travail, la chronographie, permet d’échapper aux travaux, au travail en minuscule, au capital travail qui détruit le temps, à l’agitation, au calme, à l’absence de sexe dans le temps. Une seconde se divise en syllabe dans le texte. Il y a soixante secondes dans une minute, la soixantaine devient donc l’unité séquentielle la plus conventionnelle de la métrique journalière. En essayant de vendre le concept à plusieurs universités appariées à la sociologie, à la philosophie, à la littérature ou aux arts plastiques, on m’a traité de fumiste et de paresseux. Exact, j’épelle chaque seconde le plus longuement possible, j'y creuse autant de lignes que je souhaite, grâce à quoi je ne travaille jamais. Matériellement, je n'en ai pas le temps.
Minuit six secondes
Plus les secondes s’ajoutent, plus elles se raccourcissent, du moins ce serait une possibilité, réduire le texte et parvenir ainsi à publier chaque jour assez de secondes pour finir ma journée encore jeune et vivre. Or, vivre en texte est le résultat de ce Travail et c’est jouissif. Toute la vie dans une journée, toute la journée dans une heure, l’heure dans une minute, la minute dans une seconde et dans la seconde, toute la vie. Et chaque jour après la fin de cette journée, pouvoir ouvrir le texte à n'importe quelle heure, minute, seconde et savoir qu'il y a du texte en face du temps et qu'il n'est pas perdu puisqu'il est écrit.
L’angoisse devient alors l’inverse : finir trop tôt et donc, mal finir.
L’angoisse devient alors l’inverse : finir trop tôt et donc, mal finir.
Minuit cinq secondes
Le temps séparant une seconde d’une autre est relativement similaire à la durée d’une seconde. La durée séparant une seconde d’écriture d’une seconde écrite est conséquente de la vitesse selon laquelle on frappe le texte sur le clavier ( de sa longueur et surtout, de son élasticité, de sa capacité à continuer alors que, selon toute logique ou vraisemblance – ce lexique apparié à la synonymie du vrai, du véritable, bien que relativement suranné, usé et vieilli, possède dans le cas précisément de vraisemblance, quelque chose d’encore vivant et pourrait-on dire de mouillé, c’est un mot humide, dont le sens fuit les digues de sa définition stricte, il va ailleurs, il voyage, la vérité devient friable, sablonneuse, elle glisse dans les doigts, il faut se pencher pour compter les grains, s’assurer qu’il n’en manque pas sans quoi la vérité serait incomplète et donc fausse, il n’y a pas de vérité partielle, mais la vraisemblance fuit, elle s’égare -, il aurait du ( le texte ) s’arrêter plus tôt, mais non, la phrase a continué, elle continue, elle s’est ouverte des parenthèses, elle se poursuit, exactement comme par exemple, on continue parfois de marcher alors qu’il aurait fallu s’arrêter et que le cœur, le battement cardiaque s’accèlère – l’origine, pour mémoire, de l’unité minimale de mesure du temps, la seconde – , même si un chronomètre d’un coup stipule : « stop », STOP, et bien non, dans une seconde écrite, il dure, le temps, la phrase, elle ne s’arrête pas comme ça, il faut qu’un lecteur gueule pour qu’elle finisse par se taire et la fermer – la parenthèse ).
Ce serait presque du temps perdu, heureusement, il est écrit.
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secondes,
texte,
vraisemblance
Minuit quatre secondes
Combien de temps dure une seconde écrite ? Le temps de lecture du texte correspondant.
Variable en fonction du temps que l’on dispose pour l’écrire. Ce n’est pas un cercle mais une spirale. L’écriture du temps fabrique une mécanique d’engendrement spontané de texte. Quoiqu’il se passe ou ne se passe pas, il faut écrire et dans l’écriture du temps, il y a toujours la possibilité de mettre un nom au nombre, de mettre les nombres du temps en lettre, une mise en lettre comme d’autres les mettent en scène dans les calculs. Il est minuit quatre secondes.
Horloge textuelle.
Variable en fonction du temps que l’on dispose pour l’écrire. Ce n’est pas un cercle mais une spirale. L’écriture du temps fabrique une mécanique d’engendrement spontané de texte. Quoiqu’il se passe ou ne se passe pas, il faut écrire et dans l’écriture du temps, il y a toujours la possibilité de mettre un nom au nombre, de mettre les nombres du temps en lettre, une mise en lettre comme d’autres les mettent en scène dans les calculs. Il est minuit quatre secondes.
Horloge textuelle.
Minuit deux secondes
Problème.
Combien puis-je écrire de seconde en une journée ? Combien faut-il que j’en écrive pour arriver au bout de ma journée d’écriture et me mettre à baiser, sortir ou simplement me coucher sans me sentir coupable de n’avoir pas assez écrit ?
Sachant qu’il y a quatre vingt six mille quatre cents secondes de texte, en publiant une seconde de texte par jour, il me faudrait deux cents trente six ans et deux cents soixante jours pour écrire une journée de texte complète. En publiant dix secondes par jour, il me faudra vingt-trois ans et deux cents quarante cinq jours pour terminer mes vingt quatre heures de texte. C’est un travail considérable, le Travail par excellence dans le domaine étroit de mes compétences.
Grâce au féminin des nombres, j’ai rencontré le Travail pour lequel je suis fait.
Mes proches peuvent être rassurés, j’ai du boulot pour toute la vie.
Combien puis-je écrire de seconde en une journée ? Combien faut-il que j’en écrive pour arriver au bout de ma journée d’écriture et me mettre à baiser, sortir ou simplement me coucher sans me sentir coupable de n’avoir pas assez écrit ?
Sachant qu’il y a quatre vingt six mille quatre cents secondes de texte, en publiant une seconde de texte par jour, il me faudrait deux cents trente six ans et deux cents soixante jours pour écrire une journée de texte complète. En publiant dix secondes par jour, il me faudra vingt-trois ans et deux cents quarante cinq jours pour terminer mes vingt quatre heures de texte. C’est un travail considérable, le Travail par excellence dans le domaine étroit de mes compétences.
Grâce au féminin des nombres, j’ai rencontré le Travail pour lequel je suis fait.
Mes proches peuvent être rassurés, j’ai du boulot pour toute la vie.
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